L'Espagne modifie ses protocoles maritimes après le passage de la marine marocaine fin juillet
Selon El Mundo, l'Espagne a officialisé un changement de doctrine navale : ses patrouilleurs interceptent désormais les bâtiments marocains. L'activité marocaine a baissé après juillet. Le risque de tension persiste, selon le quotidien.
Le 17 octobre, le patrouilleur « Atalaya » stationne à Ceuta, le « Isla de León » à Melilla. Le ministère espagnol de la Défense a officialisé ce jour-là un changement de doctrine né le 30 juillet : « Nous n'attendons plus pour agir », résume une source militaire citée par El Mundo.
Un changement de posture opérationnelle
Jusqu'alors, le contrôle du « passage inoffensif » relevait du seul centre opérationnel COVAM de la Marine. Désormais, l'Espagne déploie ses unités à la rencontre des bâtiments marocains. « Nous sommes plus vigilants, nous n'attendons plus qu'ils entrent pour agir », explique la même source militaire à El Mundo. Le « Atalaya », basé à Ferrol, 48 membres d'équipage, quatre mitrailleuses et un canon, constitue l'une des principales unités. Le « Isla de León », plus discret, 10 marins, une mitrailleuse Browning, fusils CETME, fusils à pompe POSTAS et pistolets 9 mm, opère habituellement à Ceuta et sur l'île Perejil ; il a été redéployé à Melilla « face à l'offensive marocaine », selon le quotidien.
Une activité marocaine en baisse et un cadre juridique rappelé
Les faits contredisent l'idée d'une pression continue. L'activité des navires marocains a « diminué notablement » après juillet et, dans les dix jours précédant la publication, « aucun mouvement n'a été enregistré », note El Mundo. Des sources du Ministère de l'Intérieur et de la Marine confirment qu'aucun « passage inoffensif » n'a eu lieu « ni jeudi dernier, ni les jours de la visite ».
Madrid attend que la présence visible des patrouilleurs agisse comme « un élément de dissuasion » : les navires « savent qu'elles peuvent se trouver face à une unité espagnole qui suivra leurs mouvements et pourra intervenir si les conditions légales pour le faire sont données ».
L'épisode du 30 juillet comme point de bascule
Selon une information d'El País du 12 octobre, lors de la violation de la frontière terrestre à Ceuta, le navire amiral « Mohamed VI » a « envahi les eaux territoriales espagnoles », rejoint par deux patrouilleurs, forçant la mobilisation de navires depuis Rota et l'intervention du JEMAD auprès du Maroc pour « demander qu'ils cessent leur attaque ». L'épisode a marqué un « point d'inflexion » : la différence ne tient pas à la détection, déjà acquise, mais à la « décision de renforcer ce suivi avec une attitude réactive ».
La pression sur les limites terrestres et maritimes oblige l'Espagne à « combiner la défense de sa souveraineté avec la gestion d'une relation bilatérale dans laquelle la coopération est déterminante dans des domaines comme la sécurité, l'immigration et la lutte contre les réseaux criminels ». Le dilemme demeure : « Une réponse insuffisante peut alimenter la perception que certaines actions ne trouvent pas d'opposition ; une réaction qui ne mesure pas ses conséquences, de son côté, peut aggraver une crise diplomatique. » Le risque qu'une rencontre en mer « dérive en un nouvel épisode de tension » persiste, surtout « lorsque les embarcations impliquées appartiennent aux forces armées de deux pays voisins ».
Deux mois après l'incident de juillet, Madrid teste la pérennité de cette surveillance renforcée.
Sources
- •El Mundo (elmundo.es), 17 octobre 2026
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