Dakhla : 1 090 hectares irrigués par dessalement pour ancrer le développement agricole
Selon Bladi, 35 exploitations agricoles sur 1 090 hectares à Dakhla sont attribuées via appel à investisseurs, avec usine de dessalement et irrigation au goutte-à-goutte, contrats de 25 à 40 ans, loyers révisables et interdiction de cession sans autorisation.
Le 18 juillet 2026, les modalités d'attribution de 35 exploitations agricoles à Dakhla sont rendues publiques. Le projet transforme 1 090 hectares en terres irriguées grâce à une usine de dessalement et à l'irrigation au goutte-à-goutte, dans une zone où « la rareté de l'eau limitait jusqu'ici les possibilités de production », selon Bladi.
Un projet hydraulique et agricole d'envergure
L'appel à investisseurs précise que « les bénéficiaires devront exploiter directement les parcelles et ne pourront pas les céder sans autorisation ». Les contrats courent sur 25 ans, portée à 40 ans si le projet intègre une activité industrielle liée à la production. « Les loyers seront révisés périodiquement et s'ajouteront aux frais de raccordement ainsi qu'au coût de l'eau », détaille le même média. L'usine de dessalement fournira l'eau distribuée par goutte-à-goutte « afin de limiter les pertes dans cette région particulièrement aride ». Le dispositif vise explicitement à « attirer des investissements de long terme et à créer une activité économique autour de l'agriculture, de la transformation et des infrastructures hydrauliques ».
La consolidation de la façade atlantique comme levier stratégique
Cette annonce s'inscrit dans une séquence plus large. Le 1er décembre 2023, à l'occasion du 48e anniversaire de la Marche Verte, le roi Mohammed VI a annoncé « la poursuite des marches du développement par la consolidation de l'espace côtier national, y compris la côte atlantique du Sahara marocain, et la structuration de cet espace géopolitique à l'échelle de l'Afrique », rapporte Atalayar. Le Maroc dispose de « deux côtes d'une longueur totale de 3 500 kilomètres, dont environ 3 000 kilomètres sur l'Atlantique et 500 kilomètres sur la Méditerranée ».
Le nouveau port industriel de Dakhla, « mégaprojet structurant le nouveau modèle de développement des provinces sahariennes », doit être achevé « fin 2028 ». Il est présenté comme un « levier stratégique pour confirmer l'ancrage africain du Royaume et mieux valoriser sa dimension atlantique ». La vision atlantique repose aussi sur la Conférence ministérielle des États africains riverains de l'Atlantique, créée en 2009 à Rabat pour « établir une zone de paix, de sécurité et de prospérité » et « défendre d'une seule voix les intérêts stratégiques du continent ». Vingt-trois pays africains possèdent une façade atlantique, représentant « 46% de la population africaine qui, à elle seule, représente près de 55% du PIB du continent ».
Parallèlement, le projet de gazoduc Maroc-Nigeria, long de 7 000 kilomètres à travers plusieurs pays, a franchi une étape avec la signature d'un accord entre le Maroc, le Nigeria et la CEDEAO. Les études sont « actuellement à un stade avancé » pour ce qui pourrait devenir « le plus long gazoduc maritime du monde » avant d'atteindre l'Europe.
Une souveraineté exercée par l'investissement et l'infrastructure
Les faits montrent une continuité : le port, le gazoduc, la conférence ministérielle et désormais le périmètre irrigué de Dakhla forment un ensemble cohérent. L'irrigation par dessalement lève la contrainte hydrique qui figeait le potentiel agricole. Les durées contractuelles de 25 à 40 ans offrent l'horizon de rentabilité requis par les capitaux. L'interdiction de cession sans autorisation et l'obligation d'exploitation directe limitent la spéculation foncière. Le coût de l'eau et les frais de raccordement sont intégrés au modèle économique, sans subvention occulte. Le port de Dakhla, dont les travaux avancent vers 2028, assurera l'évacuation des productions. Le gazoduc, en phase d'études finales, promet l'énergie compétitive pour l'industrie de transformation. La conférence atlantique de 2009 fournit le cadre diplomatique multilatéral.
L'agriculture à Dakhla n'est plus une expérience pilote mais une composante d'un modèle productif adossé à des infrastructures lourdes et à une stratégie régionale assumée.
Sources
- •Atalayar (atalayar.com), 1 décembre 2023
- •Bladi (bladi.net), 18 juillet 2026
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